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Lumière sur la micronutrition : doit-on utiliser des compléments alimentaires?

Bonjour, pour ceux qui ne me connaissent pas encore je m’appelle Léa Wauquier je suis docteur en Pharmacie d’officine depuis plus de 8 ans et créatrice du compte Instagram Les Conseils pharma de Léa que j’anime depuis 2 ans 😊.

Qu’est ce que la micronutrition ?

Je me suis dès le début de mon activité professionnelle passionnée pour la micronutrition une discipline qui repose sur des bases scientifiques solides et qui à mon sens est encore trop peu connue et utilisée par les professionnels de santé. Elle consiste à satisfaire les besoins en micronutriments de l’individu par une alimentation diversifiée, associée si nécessaire à une complémentation personnalisée (vitamines, minéraux, oligo-éléments et autres nutriments essentiels). Elle trouve ses fondements dans les recherches effectuées sur les liens avérés entre alimentation, santé et prévention.


A l’heure où le marché des compléments alimentaires est florissant, malgré des alertes récentes de l’ANSES sur l’utilisation des compléments alimentaires, difficile pour vous d’y voir clair. Vous êtes nombreux à vous questionner sur le sujet à juste titre.D’où mon envie de vous exposer certains points afin que vous puissiez vous faire votre propre avis sur la question.La micronutrition est-elle véritablement justifiée et utile ? 

Pourquoi adopter la micronutrition ?

 L’intérêt d’une supplémentation est souvent controversée, beaucoup de professionnels de santé, de médecins affirment qu’avec une alimentation équilibrée, nous ne manquons de rien….Et bien voila un discours totalement utopique.
L’alimentation est certes notre première des médecines mais elle est malheureusement de nos jours incapable de répondre à tous nos besoins même si vous vous appliquez à l’équilibrer le plus possible. Mais pourquoi??.Certaines contraintes liées à notre environnement notamment l’impact du CO2 sur la teneur en protéines, vitamines, minéraux de nos aliments, les insuffisances d’apports liés au mode de culture des plantes (effet de dilution), de préparation, de conservation des aliments ainsi que nos situations personnelles sont des facteurs provoquant des déficiences: 

En effet, l’industrialisation impactent directement la densité nutritionnelle de nos aliments. Le mode de préparation des aliments: les cuissons à hautes températures > 100 degrés prolongée dénature de nombreuse vitamine B, d’acide gras polyinsaturés (oméga 3, 6) très fragiles et sensibles à la chaleur! Le raffinage des huiles et des céréales entrainent une perte en vitamines et minéraux (d’où l’importance de choisir vos huiles issues de première pression à froid et vos céréales complètes). L’effet de la maturité des fruits et des légumes, de la saisonnalité, ou le mode de conservation a aussi un impact comme les emballages plastiques qui rendent le zinc indisponible par exemple. Nos situations individuelles conditionnent également notre capacité d’assimilation des micronutriments, nous sommes tous différents…  

micronutrition

Face à une société de consommation et malgré l’abondance alimentaire, nous sommes confrontés aux produits ultra-transformés riches en calories, mais faible en nutriments essentiels ce qui entre autre acidifient notre organisme et entrainent une perte en minéraux par les urines. Notre écosystème intestinale  peut-être déséquilibré ce qui a pour conséquence d’altérer l’absorption des nutriments essentiels… Sans parler des périodes de la vie ou nos besoins augmentent comme par exemple les femmes enceintes, les sportifs, les enfants en croissance, les périodes de stress, sans oublier les traitements médicamenteux dont certains entrainent de fortes carences déjà bien connue comme par exemple les IPP et la carence en vitamine B12!!

Certains régimes également comme le régime végétalien entraine de fortes carences et nécessite un accompagnement micronutritionel. Avec la biologie fonctionnelle on peut confirmer certaines déficiences. Prenons pour exemple le cas de la vitamine D, la majorité de la population est carencée et cette hypovitaminose est encore sous diagnostiquée alors qu’il existent à ce jour de nombreuses études scientifiques expliquant son importance pour nos os, nos gènes mais également son rôle préventif sur les infections respiratoires en hiver !!Les analyses biologiques ont cependant leur limites car elles mesurent principalement les taux circulants des micronutriments et pour la plupart il est impossible de mesurer les taux intracellulaires comme pour le magnésium par exemple. 

Or de nombreuses personnes souffrent au quotidien (fatigue, baisse de moral, troubles digestifs et j’en passe) sans pour autant qu’un diagnostic soit posé. Au yeux des médecins ils sont en bonne santé! Mais qu’est ce que la santé au fait? Rappelons cette définition de l’OMS de la santé: c’est un état de bien-être total physique social et mental de la personne. Ce n’est pas la simple absence de maladie ou d’infirmité ». Cela donne matière à réflexion sur la médecine allopathique actuelle…

Attention tout de même

La micronutriton ne remplace en aucun cas la médecine allopathique à laquelle j’ai été plus que formée au passage pendant mes études, c’est une discipline qui permet de l’accompagner, de la renforcer et de la comprendre… Elle est également un formidable outil de prévention et de maintien de la santé mais elle doit-être impérativement personnalisée. La micronutrition m’a appris à avoir une vision holistique (globale) du patient ce que ne fait pas l’allopathie qui va avoir une action ciblée sur un organe et traite uniquement la symptomatique et non la cause. 

C’est pourquoi j’ai cette passion: cet équilibre, l’écoute et la compréhension de son corps, qui n’est aujourd’hui, plus quelque chose d’inné. Ce sont pour moi des valeurs essentielles a une bonne santé et au bonheur qui y est lié. 
La micronutrition y a une place indispensable car les vitamines, les minéraux, les oligoéléments et autres nutriments essentiels sont les piliers de notre fondation et c’est sur eux que reposent les clefs de notre bien être et de notre santé!! C’est cependant une discipline très complexe qui nécessite de longues heures de formations afin de savoir l’utiliser à bon escient et elle doit impérativement faire l’objet d’un conseil par des professionnels spécialisés pour éviter tout mésusage.

A très bientôt.


Léa – Les Conseils Pharma


Sources:

 https://quoidansmonassiette.fr/perte-nutriments-dans-fruits-legumes-entre-1950-et-2000-cash-investigation/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3024173/https://www.revmed.ch/RMS/2011/RMS-319/Vitamine-D-actualite-et-recommandationshttps://www.who.int/fr/about/who-we-are/constitution


Définitions utiles

  • Densité nutritionnelle: les aliments riches en vitamines et minéraux présent un indice de densité nutritionnelle élevé. Cet indice est calculé en fonction de la présence de 14 nutriments dans l’aliment : vitamines B1, B2, B3, B6, B9, B12, vitamine C, vitamine A, calcium, magnésium, potassium, fer, zinc et protéines, les aliments à haute densité nutritionnelle contiennent une grande quantité de micronutriments protecteurs exprimée par rapport au poids, au volume ou par portion d’aliment. Un aliment dit « de densité nutritionnelle élevée » est celui qui apporte le meilleur rapport entre calories et éléments nutritifs bénéfiques à l’organisme. En somme, le moins de calories possible pour la plus grande concentration en nutriments). 

  • Déficience: déficits objectivables sur le plan biologique par l’utilisation de marqueurs validés, elles ne s’accompagnenert pas de manifestations cliniques spécifiques mais peuvent avoir des conséquences dans le déterminismes de phénomène morbides ou altérer la qualité de la santé).