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Kiné / Ostéo : une double compétence complémentaire


Pour commencer, je suis très honoré de pouvoir prendre la #paroledesoignant sur le site de mon collègue MajorMouvement. A la fin de mon cursus de Kiné, j’ai clairement eu l’envie d’approfondir mes connaissances et d’enrichir ma main de thérapeute. On est alors en 2006 et l’Ostéopathie va vivre ses heures les plus marquantes de son histoire avec le décret du 27 Mars 2007 sur la formation des Ostéopathes et l’agrément des établissements de formation !

kine-osteo

Mon parcours :

L’Ostéopathie est officiellement reconnue, ouf ! J’ai vécu ça de l’intérieur et ce fut un chamboulement tellement passionnant !


En Juin 2011, quand j’obtiens mon diplôme d’Ostéopathe D.0, j’ai encore du mal à intellectualiser le lien qui relie la Kiné et l’Ostéo. Mes deux métiers sont passionnants, mais j’ai l’impression d’avoir fait le tour de l’un (la kiné) et d’avoir un océan à découvrir pour l’autre (l’ostéo). Bref, je suis plutôt sur un déséquilibre de force entre ces deux diplômes.
Je fais mes armes comme ostéopathe tout en continuant mon travail de rééducation en Kiné … et j’ai l’étrange impression de mentir à mes patients alors en rééducation : « Pourquoi 20 séances de rééducation pour cette lombalgie aigüe alors qu’en 1 ou 2 séances d’Ostéo, le patient irait
beaucoup mieux » !

Oui à mes débuts de jeune ostéopathe, j’opposais mes deux pratiques au lieu de les unir pour faire de moi un thérapeute encore plus complet.
Puis le temps est passé, les doutes et les échecs se sont succédés, ainsi que la remise en question, et j’ai pu avancer sur le chemin de cette double compétence. Pas facile de s’y retrouver dans son discours, dans son attitude et dans son positionnement !

L’association de la kiné et de l’ostéo :

Depuis j’ai bien compris que peu importe dans le sens qu’on le prend, la Kiné peut autant apporter à l’ostéo que ce que l’ostéo peut apporter à la kiné. La complémentarité est totale.
Une séance d’Ostéo permet de libérer les différentes pertes de mobilité et par conséquent d’améliorer les symptômes du patient, mais si elle est appuyée par un travail actif chez le Kiné, les résultats sont alors décuplés et sûrement plus durables (comme chez le lombalgie aigüe de notre
exemple plus haut).


Dans le sens inverse, un traitement actif de qualité chez le Kiné mais qui patine, ça doit être aussi un signal pour travailler main dans la main avec un ostéopathe. En effet, ce dernier aura surement
les outils pour libérer certaines zones clés pouvant freiner la rééducation notamment à cause de la douleur.


Ça fait maintenant plusieurs années que j’intègre cette complémentarité dans ma pratique quotidienne et les résultats sont tellement représentatifs.
L’ostéopathie apprend à découvrir des systèmes inexplorés en formation de Kiné : par exemple, le système digestif, le système crânien et fascial ! Le concept ostéopathique réside dans la compréhension de ces différents systèmes (plus d’autres: musculo-squelettique, vasculaire,
énergétique …) et des différents liens permettant de résoudre la symptomatologie de notre patient et de récupérer son équilibre (homéostasie).


Le système fascial est passionnant. Ce tissus conjonctif très hydraté qui relie toutes les structures du corps les unes aux autres est bien plus important que l’on ne le pense. Pour nous ostéopathe, il est la mémoire des traumatismes du patient, on peut y décoder beaucoup de chose quand on a la main entraînée. J’avoue avoir encore du travail à faire dessus, mais j’avance.

Le système viscéral réserve lui aussi de belles expériences. Travailler sur la libération tissulaire et vasculaire viscéral permet déjà une amélioration de certains symptômes viscéraux ! On est parfois étonné des résultats. Restons humble, ce n’est pas un miracle, mais on a vraiment des outils intéressants.

Le système crânien est celui que je maitrise le moins. Pourquoi ? Nous avons stoppé en grande partie le programme de crânien avec le nouveau décret de 2007 (j’étais alors en 2ème année, une année chargée pour le Crânien). Le concept de MRP étant de plus en plus remis en cause et avec
l’émergence de nouvelles techniques crâniennes, l’ostéopathie évolue fortement dans ce domaine.
Mon approche du crâne est plus « mécaniste » avec des libérations articulaires sur l’ATM, sur les membranes crâniennes, etc, etc …

Le mot de la fin :

Bref, j’ai toujours un océan à découvrir et à apprendre devant moi et j’en suis tellement conscient !

Et autant à une époque, je pensais avoir fait le tour de mon métier de Kinésithérapeute, autant maintenant que je suis pleinement dans cette complémentarité Kiné/Ostéo, je suis convaincu d’avoir fait qu’un quart de cercle autour de ce métier de Kiné !


Je crois sincèrement que le plus dur pour un thérapeute est de pouvoir utiliser le bon outil, au bon moment sur la bonne personne : on appelle ça l’expérience et c’est un chemin difficile, remplit de remises en questions et de doutes, mais tellement magnifique ! Merci de m’avoir lu et portez-vous
bien !

Nicolas – Monsieur Clavicule